IL
était une fois ...
Une
moustache, grise, épaisse et même : touffue.
Une
belle, une magnifique moustache comme l'on n'en fait plus.
Une
de celle que l'on caresse pour réfléchir, patiemment,
amoureusement
comme pour faire venir l'idée qui va jaillir
telle une source.
Une
de celle qui garnissait le visage de nos concitoyens à l'époque
ou l'on était plus citoyen que con.
Une
de celle essuyée avec tendresse et délicatesse après
un bon Bordeaux.
Une
de celle qui arrête le mot, le réverbère et le lance
à la volée.
Une
de celle qui cache mal un sourire au cur grand comme cela.
Une
de celle qui avoue se faire cabotine pour nous charmer.
Une
moustache comme celle-ci, Mesdames, Messieurs, une moustache qui a tant
et tant entendu d'histoires, de contes et de légendes :
Du Carillon du Beffroi de l'Hôtel
de Ville aux antres des spectres cachés dans le Vieux Lyon ;
des merveilles ésotériques de la Cathédrale de
Fourvière aux sous-terrains romains de la Croix-Rousse, des mystères
de Maître Philippe aux amours du Roi François 1er
Une
moustache qui connaît tout cela, par cur, sur le bout du
poil, sans rater un soupir ou une virgule
Je vous le dis :c'est
une moustache sans prix, que dis-je, une " institution lyonnaise
" qu'il faudrait garder sous cloche de peur qu'on se la fasse parisiennement
voler
Mais voilà,
Mesdames, Messieurs, celui qui porte ce superbe attribut masculin, celui-là
même qui vous fait rêver lorsqu'il vous conte SA belle ville
de Lyon, cet amoureux, ce conteur-né, et bien ce Jean-Luc
CHAVENT là, trop secret , trop modeste, refuse obstinément
les compliments pourtant bien mérités à ce superbe
symbole, d'une Sorcière complètement enchantée.
La Sorcière