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Casse
noisette casse des briques
Délicieux voyage
aux pays de Oui Oui que nous offre, en cette fin d'année, l'Opéra
National de Lyon. Non pas au pays de Jospin, mais celui des jouets.
Un spectacle onirique, pensé par une bande d'adultes ayant gardé
une âme d'enfant. Mais des enfants peu avares de bonne humeur et
d'humour.
Cette nouvelle version du "Casse-noisette" signée
Domique Boivin, ancrée sur la tradition, ouverte sur la modernité
est un spectacle total ; un spectacle qui fait appel à la raison,
aux émotions, à l'imaginaire
La danse y est parfois relayée au second plan, derrière
les acrobaties, les effets spéciaux, les jeux de lumières.
C'est, sans doute, le prix à payer pour un bijou de créativité.
A voir de toute urgence !
C'est la belle nuit de Noël...
Avant Walt Disney ou
Tino Rossi, Noël a été, par le passé, une source
à laquelle sont venus s'abreuver romanciers, auteurs, dessinateurs
"Casse-noisette" est de cette veine-là. Ce conte fantastique,
naît de l'imagination d'Hoffmann.
Retravaillé par Dumas, il devient un classique de la danse et connaît
moult adaptations. Le soir de Noël, la jeune Clara se fait offrir
par son Parain un pantin, Casse-noisette.
La marionnette ne passe pas la soirée. Manipulée par les
enfants, elle se casse. Clara se réfugie dans sa chambre, cache
le Casse-noisette brisé et sombre dans le sommeil. Rêvent
et cauchemars s'enchaînent. Les rats attaquent la jeune enfant.
Casse-noisette, à la tête d'une armée, la sauve. Et
l'invite à un voyage féerique tout autour de la terre.
Commence alors une belle histoire d'amour entre eux. Dans les années
1890, Piotr Illich Tchaïkovski signe une adaptation
musicale de ce compte.
Adaptation réussie
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Encore une adaptation
de "Casse-noisette" ! Oui, mais elle présente l'avantage
de verser ni dans le cul-cul la praline (type Noureïev) ni
dans le post moderne intellichiant.
D'entrée de jeu le décor est planté ; une adolescente
se réfugie dans les toilettes. Pour lire une bande dessinée.
Mais aussi pour fumer une cigarette. C'est là tout le génie
de Dominique Boivin. Ce chorégraphe hors normes manie
l'humour et l'insolence, un peu comme Montalvo dans son délicieux
"Jardin Io io Ito Ito" présenté à
la Maison de la Danse et aux Nuits de Fourvière.

Tout en s'inspirant de la danse classique, Boivin s'en moque allègrement.
Dans le premier acte, Drosselmeyer, le Parain de Clara, part chasser
sa dinde de Noël. Il poursuit alors une de ces volailles qui
entreprend une série de petits pas, rappelant ceux du cygne
du "Lac des Cygnes", autre uvre de Tchaïkovski.
Plus tard, lors de "la valse des flocons de neiges", surgit
un danseur rondouillard en tutu qui s'essaie aux pas classiques.
Plutôt cocasse !
Mais, Dominique Boivin est habitué au comique. Dès
1978, il décoche un prix d'humour pour son
premier solo "Vol d'oiseau".

Un spectacle envoûtant
Original, ce spectacle
sort des cadres de la danse. En lien direct avec le nouveau cirque
(façon Pierrot Bidon ou Phippe Découflé), ce
"Casse-noisette" fait la part belle aux acrobaties,
aux machineries de théâtre et aux "effets
spéciaux". Plus encore, il est fait une utilisation
intelligente de la vidéo et des jeux de miroirs.
Dans le premier acte, une caméra embarquée sur un
petit train sillonne le pays des jouets. Ce voyage initiatique
est diffusé sur écran géant. Plus tard, quand
le roi des rats étame sa danse, l'image d'un chat est projetée
au dessus de lui ; l'animal semble suivre - autant que le public
- le rat, qui sous ses yeux, évolue.
Dans le deuxième acte, encore plus fou que le premier, un
miroir géant en forme de boule de noël réfléchit
ce qui se passe sur scène et même
sous scène.
Alors que, couchés, les danseurs serpentent à même
la scène, leur image, sur le miroir, donne la sensation d'avoir
affaire à un kaléidoscope humain.
Puis, le spectacle se poursuit sous la scène. Ouverte, elle
laisse apercevoir- toujours par miroir interposé - un ballet
d'astronautes en apesanteur. Magique !
"Casse-noisette",
fruit d'une équipe ruisselante d'imagination
La réussite
de ce spectacle est due à une bande de joyeux drilles qui
entourent Dominique Boivin.
Jamais le chorégraphe n'aurait pu faire danser sapins de
noël, bûches, santons, soldats de plombs, et autre objets
de noël sans la complicité du costumier prodige,
Christian le Drezen.
Coup de chapeau également au décorateur Didier
Goury et bien sûr, au vidéaste Erwan Huon.
L'alchimie créative de cette équipe donne corps à
ces délires de grands enfants.
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Un ballet impeccable
Le ballet,
comme à son habitude excelle. Adonis Foniadakis interprète
à merveille un Casse-noisette désarticulé.
Il mêle fragilité et détermination afin de séduire
Elena Surace en délicieuse Clara.
Dans les tableaux qui se succèdent, les duos et
solos sont aussi drôles que réussis : tout le coffre
à jouet défile sous les yeux d'un public ébahi.
Carton rouge, en revanche, pour le Roi des rat et la Femme serpent
de la danse arabe. Leur solo n'est qu'imparfaitement maîtrisé.

Fausse note à la direction musicale
Au final, ce "Case -noisette" se
présente comme un spectacle incontournable, loufoque
et irradiant de bonne humeur ; rêve devenu réalité
comme il n'en passe trop peu à Lyon.
Toutefois, la direction musical de Laurent Gay assombrie
le tableau presque parfait. Elle est un peu molle. La partition
de Tchaïkovski se prête, d'ordinaire, à des interprétation
plus toniques.
Autre regret, le côté spectaculaire - au double sens
du terme - de ce "Casse noisette" fait oublier que c'est
un ballet auquel on assiste. Malgré tout, on retournera
le voir encore et encore.
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Julien Berthet
A l'Opéra de Lyon
1, place de la comédie
Métro Hôtel de Ville
Renseignements : 04 72 00 45 45
www.opera-lyon.org
Dates des spectacles
Mardi 4 décembre 2001
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20h00
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Mercredi 5 décembre 2001
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14 h 30
20 h 00 |
Jeudi 6 décembre 2001
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20h00 |
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Vendredi 7 décembre 2001
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20h00 |
Samedi 8 décembre 2001
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14h30
20h00
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Dimanche 9 décembre 2001
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16h00 |
Mardi 11 décembre 2001
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20h00 |
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Mercredi 12décembre 2001
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14 h 30
20 h 00
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Casse-noisette
Chorégraphie
Dominique Boivin
Musique
Piotr Illitch Tchaïkowski
Direction musicale
Laurent Gay
Décors
Didier Goury
Costumes
Christian Le Drezen
Vidéaste
Erwan Huon
Distribution
Danseurs du Ballet de l'Opéra National de Lyon.
Deux distributions.
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A
l'opéra National de Lyon
Crédit Photos :
G. Amsellem /
Opéra National de Lyon





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