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Danse - Les Inedits de Mars
Danse  

 

 


  
Star Dance : trilogie inédite


Fidèle à son habitude, en danse comme en arts lyriques, la programmation de l'Opéra de Lyon oscille entre spectacles grand public et " nec plus ultra ". Avec les " Inédits de Mars", troisième volet de danse de la saison, on bascule dans le post-contemporain.
Malgré les dix années d'existence de la pièce de Trisha Brown, "Astral Converted", la grande dame apparaît encore aujourd'hui comme s'inscrivant dans le mouvement avant-gardiste. L'invitation faite au chorégraphe John Jasperse, qui livre ici sa dernière création - "A double face" - renforce cette dominante post contemporaine.
Seul bémol toutefois, Jiri Kylian, irrémédiablement associé au Nederlands Dans Theater, nous ramène vers une danse à l'inspiration plus classique. C'est tout le talent de Yourgos Loukos, directeur artistique du Ballet de l'Opéra, de savoir donner la bonne respiration à la soirée.


Astral Converted

"Astral Converted" est un spectacle abouti, créé en 1991, il vient conclure un travail déjà présenté au festival de Montpellier : " Astral Convertible ". Le décor est dépouillé, avec pour seuls accessoires quelques tours mobiles en aluminium. Un dispositif simple qui permet d'adapter facilement la pièce à chaque scène de la tournée.

Trisha Brown

Adolescente, cette boulimique de travail passe par tous les genres : claquettes, jazz, danse acrobatique, mais aussi le sport ! Loin d'être sectaire, l'ensemble des formes de danse intéresse alors la jeune californienne.

Suite du portrait

Côté musique, John Cage signe une partition pour huit instruments à vent (haubois, flûte, clarinette, basson, cor, trompette, trombone ténor et tuba). Les notes jouées par chacun sortent individuellement des huit haut-parleurs, installés eux-mêmes sur chacune des huit tours.
Il en ressort une impression de mélodie éclatée, voire d'assonance. Une assonance familière des pièces de Trisha Brown vues à Lyon (Newark, El Trilogy) mais un style musical que l'on s'attendrait plus à écouter lors des manifestations de "Musiques en Scène" ou lors de la Biennale d'Art Contemporain, qu'au sein de l'Opéra.

La pièce, elle aussi, est dans la lignée de ce que le public lyonnais est habitué à découvrir de la chorégraphe américaine.
Les mouvements sont raides, saccadés. Les corps des danseurs évoluent chacun à leur manière, dans un monde qui leur est propre. Leur seule forme de rencontre est le heurt. Ces entrechocs apparaissent comme autant de collisions d'atomes dont la structure moléculaire et la logique de déplacement seraient à la fois souples et indéfinies. Avec "Astral Converted", la danse a fait sienne la théorie du chaos !



Un Ballo

Changement de décor, changement d'époque musicale mais surtout changement de style et d'influence. Comme si du chaos brownien naissaient l'ordre et l'harmonie kylianesques.

Les oreilles des spectateurs se retrouvent en terrain familier avec Maurice Ravel, "Le menuet du tombereau de Couperin" et "Pavane pour une infante défunte".

La sensualité, voire l'érotisme, irradie la grande salle de l'Opéra.
Une armée de couples se tient prête dans l'obscurité, au fond de la scène. Tour à tour, ils s'avancent, entreprenant une danse aux accents sexuels, une véritable initiation de la femme par l'homme.
Une femme complice, qui, loin d'être un objet, devient très rapidement actrice de ce jeu dual.

 

Jiri Kylian

Jiri Kylian naît à Prague en 1947. Très tôt, à l'âge de 9 ans, il entreprend des études de danse au Théâtre national de Prague.

À quinze ans, il entre au Conservatoire de sa ville natale, puis complète sa formation au Royal Ballet School de Londres. Une ville hétéroclite et cosmopolite qui lui ouvrira les portes de la chorégraphie contemporaine.

En 1973 , à la suite d'une invitation du Nederlands Dans Theater (NDT), il crée "Viewers", la première d'une longue série d'œuvres conçues pour cette compagnie.


Suite du portrait



A double face

La dernière pièce - une création 2002 - s'inscrit résolument dans la modernité. La musique, d'abord. Composée de sons familiers (des pas dans la rue, une pièce de monnaie qui tombe…) remixés sur un fond techno, elle est proche de celle que l'on peut entendre à la radio.

Les mouvements ensuite. John Jasperse impose aux danseurs des tressaillements musculaires. Une main tremble, puis un bras, l'épaule. Les mouvements sont extrêmes ! C'est tout le stress, la tension, de nos sociétés qui s'exprime.

L'expression aussi. Si, après la sensualité - pour ne pas dire l'érotisme - l'émotion qui se dégage des dix-huit danseurs de "A double face" nous immerge dans une autre sphère, c'est sans doute parce qu'ils semblent perdus, déroutés, désarçonnés
Errance, angoisse ! Leurs regards hagards cherchent en vain quelque chose ou quelqu'un… Malaise ? Désespoir ? Le spectateur se fera sa propre idée. Quoi qu'il en soit, cette émotion brutale nous renvoie aux interrogations actuelles : sens de l'existence, individu face à un tout qu'il ne maîtrise pas, déréliction.

Le décor enfin. Sa sobriété - des tentures rouges, froissées - renforce le sentiment d'ensemble de la pièce. Quelque chose de lourd et de pesant s'abat sur les danseurs, s'abat sur le public. Faut-il y voir le poids castrateur de la société qui s'impose à nous, celui d'une mondialisation qui oublie les individus, ou encore, celui d'un système totalitaire qui les écrase ?


John Jasperse

En 1985, John Jasperse obtient son diplôme au Sarah Lawrence College de New York, un établissement réputé pour offrir à ses élèves une formation très complète, englobant diverses disciplines ou scientifiques. Portant sa préférence sur la danse, le jeune Américain collabore ensuite, durant plusieurs années, avec Jennifer Morison. L'objectif de leurs projets est de travailler sur l'improvisation.

Suite du portrait






Séverine Boiron
& Julien Berthet

 


A l'Opéra National de Lyon
Place de la Comédie
69002 Lyon


Renseignements : 04 72 00 45 00
ou www.opera-lyon.org

Dates des spectacles

Samedi 28 décembre à 20 h 00
Dimanche 29 décembre à 16 h 00
Dimanche 29 décembre à 20 h 00
Lundi 30 décembre à 20 h 00
Mardi 31 décembre à 20 h 00
Jeudi 2 janvier à 20 h 00
Vendredi 3 janvier à 20 h 00
Samedi 4 janvier à 14 h 30.
Samedi 4 janvier à 20 h 00
Dimanche 5 janvier à 16 h 00

Les Inédits de Mars

Chorégraphies :
Trisha Brown
Jiri Kylian
John Jasperse

Musiques :
John cage
Maurice Ravel
Michael Floyd

A l'opéra National de Lyon

Crédit Photos :
G. Amsellem /
A. Hitzenberger

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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