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Billy
Eliott, tu connais ?
Qui
ne connaît pas Billy Eliott ? Souvenez-vous, ce petit garçon anglais,
promis aux mâles destinées de la boxe par son mineur de père, qui sèche
le ring pour s'adonner aux exercices moins virils de la danse. Peu importe
! Sachez seulement qu'à la fin du film, Billy, devenu brillant danseur,
joue dans… Le Lac des Cygnes… Mais pas la version en tutus de Petipa ;
la version contemporaine signée Matthew Bourne.
Lui,
il est anglais ; et comme tous les Anglais qui ne sont pas ultra-conformistes,
il est impertinent et irrévérencieux. Alors, il s'est amusé
à situer l'action à la cour d'Angleterre, vers 1960 - c'est tellement
plus drôle.
Et puis dehors tutus et danseuses… Place aux hommes ! Pour créer une chorégraphie
radicalement nouvelle, Matthew Bourne a supprimé un sexe… Le sexe
féminin, car, pour lui, le cygne suggère plus la musculature du danseur
que l'allure de la ballerine en tutu.
En somme, le cygne c'est fort, c'est violent, c'est beau, c'est mâle !.
L'histoire, c'est celle d'un
prince qui est sans amour dans la vie ; il admire le cygne qui
représente ce qu'il voudrait être : fort, beau et libre. A la fin, le
cygne soulève le prince et l'enveloppe dans ses ailes, comme un enfant.
Mais honnis soit qui mâle y pense ! N'y voyez pas une apologie des amours
interdites entre garçons. C'est une image simple et universelle
: l'envie de se blottir dans les bras de quelqu'un… Enfin, c'est ce que
dit Matthew Bourne.
Mon
œil ! Le spectacle reste tout de même déconseillé au bénis-oui-oui et
aux thuriféraires de la parité. Amateurs et mateuses de corps virils
divinement sculptés à vos billets ! Soucieux de vous éviter des jeux
de mots faciles, du genre "ce spectacle très gai va faire un mâle-heur",
nous vous rappellerons seulement que vous avez jusqu'au 14 décembre
pour chasser le cygne à la Maison de la Danse.
Matthew Bourne
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Il
est né en 1960, du mauvais côté de la manche, à Londres
pour être précis. Après avoir achevé ses études de danse, il fonde
sa compagnie : Adventures in Motion Pictures (AMP).
Il aime revisiter les grands classiques du ballet russe : l'Oiseau
de Feu de Stravinsky en 1988 ; Casse Noisette
(1993), Le Lac des Cygnes (Swan Lake en 1995),
Cendrillon de Prokofiev en 1997. En effet, c'est la
musique qui l'attire en premier ; en particulier la musique de Tchaïkovski
dont il ne se lasse jamais.
Le résultat est convaincant
: ses pièces sont drôles, sans être vulgaires, et touchent un large
public ; elles ont reçues de nombreuses récompenses. Matthew
Bourne, à la tête du AMP Education Trust, se met également au service
des jeunes chorégraphes et danseurs en leur fournissant une aide
financière.
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Notre
avis
Un régal ! Swan Lake de Matthew
Bourne est un véritable festival ; d'une créativité extraordinaire,
ce spectacle s'adresse à tous. La mise en scène est inventive à
souhait. La chorégraphie, bien que simple, est très réussie. Quant
aux décors, parfois trop présents, ils servent sans desservir la
pièce.
Le spectateur appréciera l'humour
qui irradie la pièce. De la satire de la danse classique à la parodie
des mœurs des familles royales, on passe un agréable moment.
Au cours du premier acte, la scène qui reproduit un ballet de danse
classique auquel assistent le prince, sa mère et sa petite amie
est un bijou ! La danseuse qui tient le rôle du papillon est époustouflante.
On ne sait plus si l'on a affaire à une danseuse ou à une comédienne
tant elle excelle dans ces deux registres.
Malgré une masculinisation de certains
rôles, le cygne en particulier, Swan Lake reste fidèle à l'histoire
originale tout en s'adaptant à son temps. S'il se défend d'avoir
voulu introduire un clin d'œil à l'homosexualité, le résultat place
une histoire d'amour entre hommes au premier plan. Le prince
s'entiche d'un cygne masculin, interprété par un danseur qui allie
la grâce de l'oiseau (acte 2), le machisme viril du séducteur (acte3)
et la tendre fragilité de l'amant (acte 4).
A voir !
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Lionel
Martin et Julien Berthet
A la Maison de la Danse
8, avenue Jean Mermoz
Lyon 8ème
Renseignements : 04 72 78 18 00 www.maisondeladanse.com
Dates des spectacles
| Samedi 7 décembre 2002 |
20h30 |
| Dimanche 8 décembre 2002 |
15h00 |
| Mardi 10 décembre 2002 |
20h30 |
| Mercredi 11 décembre 2002 |
19h30 |
| Jeudi 12 décembre 2002 |
20h30 |
| Vendredi 13 décembre 2002 |
20h30 |
| Samedi 14décembre 2002 |
15h00 |
| Samedi 14décembre 2002 |
20h30 |
Swan Lake
pièce pour 45 danseurs, créée en 1995
Direction artistique et chorégraphie
Matthew
Bourne
Musique :
Piotr Illitch
Tchaïkovski
Lumières
Rick Fisher
Décors
Lez Brotherston
Retour
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A
la Maison de la Danse
Crédit Photos :
G. Dagon



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