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Mayday,
mayday, Médée
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Ce devait
être le chant du cygne d'Alain Durel, l'ancien directeur de
l'Opéra National de Lyon
Mais cette création
mondiale ressemble plus à un pétard mouillé.
Elle n'est pas à la hauteur des précédentes
créations de l'Opéra ("The death of Klinghoffer"
de John Adams, "Trois surs" de Peter Eötvös
).
Musique sans relief, mise en scène statique, livret digne
d'une série B américaine
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Qui veut Médée, va tuer Médée
!
La musique
est signée Michèle Reverdy. Cette compositrice
est née à Alexandrie ; mais elle a fait ses
études au Conservatoire National Supérieur de Musique
de Paris, dans la classe de composition d'Olivier Messiaen, à
qui elle a consacré de nombreux articles.
Comme Médée, elle est donc ni d'Orient, ni d'Occident,
de partout et de nulle part. Elle retrouve le conservatoire, mais
cette fois comme professeur. Entre temps, elle y a rencontré
Alain Durel. C'est donc tout naturellement qu'il l'a chargée
de composer un opéra pour l'Opéra National de Lyon.
Carte blanche
Michèle Reverdy se lance alors dans l'écriture de
son cinquième ouvrage. Elle s'attaque à un
mythe ; l'histoire de Médée, revisitée
par Christa Wolf.
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Qui veut Médée a tué
Médée !
Relecture du mythe : Médée
ne tue pas ses enfants ; au contraire, elle est une guérisseuse,
une femme qui soigne. Relecture politique : Médée
la métèque est rejetée par les Corinthiens xénophobes
("Elle accoucha de ses enfants, des jumeaux, l'un blond comme Jason,
l'autre brun et crépu comme elle" (Akamas, scène II).
Relecture féministe : Médée, femme libérée,
est sacrifiée par les Corinthiens phallocrates ("Tu refuses
d'attacher ta chevelure épaisse et folle comme le font les femmes
de Corinthe" (Jason, scène I).
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Qui veut Médée
à tuer Médée !
Michèle
Reverdy avait carte blanche
On peut donc regretter
que le livret soit si plat. Certaines répliques frisent
le ridicule : "Ceux qui commettent l'injustice ne peuvent
pas être heureux" (Médée, scène
IX).
Les personnages sont monolithiques. Avec une psychologie
sommaire : les méchants sont vraiment méchants
et Médée est vraiment gentille ! Même Walt Disney
introduit plus de nuance ! : "A Corinthe, ils sont maîtres
dans l'art de mentir (
) Etre incapable de mentir, quelle infirmité".
(Médée, scène 4).
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Qui veut m'aider à tuer Médée !
Raoul Ruiz, cinéaste,
signe mise en scène et décor. La première,
statique, est dénuée de toute fioriture. Seule fantaisie,
chaque personnage est accompagné d'un double, muet, vêtu
de noir telle une ombre. Comme pour rappeler les confidents de la
tragédie classique.
Le décor relève, quant à lui, l'intérêt
du spectacle. Sur trois panneaux blancs, sont projetés
alternativement des images de Grèce et des visages.
Malgré un rapport très lointain avec l'opéra,
on appréciera l'esthétisme envoûtant des images
de Ruiz qui confirme son talent.
Le plateau vocal soutient la création. Dans un phrasé
inhabituel pour le public comme pour les chanteurs, les solistes
se défendent. Si les rôles masculins sont quelque peu
fades, en revanche, mention spéciale à Françoise
Masset (Médée) et Magali Léger (Glaucé).
Elles excellent dans une partition difficile.
A voir, à ne pas revoir.
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Lionel Martin & Julien Berthet

Crédit Photos :
Gérard Amsellem / Opéra National de Lyon
"Médée",
opéra en XI scènes de Michèle Reverdi ;
livret en français de Kai Stefan Fritch et Bernard Banoun, d'après
le roman de Christa Wolf. Surtitré en français. Durée :
1 heures 45. Sans entracte.
A l'Opéra de Lyon
1 place de la commédie
Lyon 1er
Renseignements : 04 72 00 45 45
www.opera-lyon.org
Dates des spectacles
jeudi 23 janvier 2003 à 20h
samedi 25 janvier 2003 à 20h
lundi 27 janvier 2003 à 20h
mercredi 29 janvier 2003 à 20h
vendredi 31 janvier 2003 à 20h
dimanche 2 février 2003 à 16h
Direction musicale
Pascal Rophé
Mise en scène, décors et éclairages
Raoul Ruizl
Réalisation du film
Raoul Ruiz
Costumes
Caroline de Vivaise
Distribution
Médée : Françoise
Masset
Jason : Jean-Louis Serre
Akamas : Christian Tréguier
Glaucé : Magali Léger
Agamède : Sophie Pondjiclis
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A
l'Opéra
National
de Lyon



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