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Un
"Werther" pas original
Déception pour l'avant-dernière
production de l'Opéra de Lyon : un livret mièvre, une musique insipide…
Il aurait fallu une touche de fantaisie pour avaler tout ça ; il n'y en
a pas.
" Les feux de l'amour "
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Tel ces séries télé dans lesquelles
il ne se passe rien, le livret de "Werther" n'en finit pas
de programmer le suicide d'un jeune amoureux transi.
En effet, l'objet de son désir a promis à sa mère, sur son lit de
mort, d'en épouser un autre ; ce qu'immanquablement elle fait. Une
bien pâle adaptation du chef d'œuvre de Goethe !
La gageure de Massenet fut d'écrire deux heures de musique sur un
sujet aussi plat. Le résultat est certes moins long qu'un discours
de Fidel Castro, mais tout aussi rébarbatif. La musique ne
rehausse pas l'ouvrage, bien au contraire ! Académique, sans relief,
elle peine à transmettre le moindre sentiment de joie. Ou de douleur.
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En plein dans le mur !
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Les opéras de cet acabit peuvent encore
être sauvés par une mise en scène décalée et des décors ingénieux.
Mais les "feux de l'amour" sont toujours immuables et convenus.
Willy Decker, Jean-Louis Cabané et Wolfgang Gussmann,
qui signent la mise en scène et les décors, manquent pour le moins
de finesse, quoi qu'en dise la critique.
Ils opposent sommairement l'intérieur - le foyer, la famille, l'amour,
le bonheur, la protection - et l'extérieur - la société petite-bourgeoise
qui condamne Werther. Entre les deux, un mur coupe la scène de cour
à jardin ; on l'ouvre régulièrement pour distraire le spectateur.
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L'opéra de Papa
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Pour être certains que
le public comprennent leurs symboles galvaudés, Willy
Decker et Jean-Louis Cabané n'hésitent pas à accumuler
les couches.
Trop régulièrement, on expose ainsi à Charlotte le portrait de sa
mère décédée pour lui rappeler sa promesse. Des cubes symbolisent
tour à tour le village groupé autour de la famille de Charlotte
ou au contraire la maison solitaire de Werther.
Bien sûr, le quatrième acte commence par une tempête de neige et,
comme on s'y attendait, Werther meurt dans des convulsions interminables…
Ce ne sont là que quelques exemples.
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Ouf !
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Heureusement, Gwyn Hugues
Jones, le ténor qui tient le rôle titre, est là ! On pourrait
lui reprocher de manquer de nuance, mais sa voix puissante parvient,
elle, à émouvoir le public pendant certains airs.
Finalement, le seul intérêt des "feux de l'amour", c'est de faire
la sieste devant . En la matière, on préfère encore Derrick. .
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Lionel Martin et Julien Berthet
Crédit Photos :
Gérard Amsellem / Opéra National de Lyon
A l'Opéra de Lyon
1, place de la comédie
Lyon 2ème
M° Hôtel de Ville
Renseignements : 04 72 00 45 45
www.opera-lyon.org
Dates des spectacles
Lundi 26 mai 2003 à 20 heures.
Mercredi 28 mai 2003 à 20 heures.
Vendredi 30 mai 2003 à 20 heures.
Dimanche 1er juin 2003à 16 heures.
Werther
Drame lyrique en quatre actes et cinq tableaux de Jules
Massenet. Création à Vienne en 1887 .
Livret d'Edouard Blau, Paul Millet et Georges Hartmann.
D'après "Die Leiden des jungen Werther" de Goethe.
En français, surtitré.
Direction musicale
Christian Badea
Mise en scène (janvier 1997)
Willy Decker
Mise en scène réalisée (mai 2003)
Jean-Louis Cabané
Décors et costumes
Wolfgang Gussmann
Assistant
Stefan Heinrichs
Eclairages
Yves Bernard
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Distribution
Werther
: Gwyn Hugues Jones (ténor) Charlotte : Béatrice Uria-Monzon
(mezzo-soprano)
Artistes en résidence à l'Opéra de Lyon : Albert (mari de Charlotte)
: Philippe Georges (baryton) Sophie,soeure de Charlotte :
Hélène Le Corre (soprano) Le bailli, père de Charlotte : Paul
Gay (baryton-basse) Schmidt, ami du bailli : Bruno Comparetti
(ténor) Johann, ami du bailli : Pierre-Yves Pruvot (baryton)
Orchestre, chœur et maîtrise de l'Opéra National de Lyon.
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A
l'Opéra de Lyon



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